LA GUERRE QUE L'ECONOMIE MENE AU GAMIN
Tu avais promis de me le dire bientôt. C'est presque la fin de la semaine. Et j'attends.
Il faut savoir attendre. Je te l'ai dis dès le départ.
Tu me rappelles le lien ?
Le voici.
Il mériterait une page écran, celui-là ?
Je ne le fais pas dire. Il me rappelle moi quand j'avais 15 ans.
T'es ému, ou quoi ? Lundi tu disais que quand tu es suturé, ta plaie est béante. Il me semble que c'est exactement le contraire. Quand tu es suturé, ta plaie est devenu une cicatrice.
Non. Quand la phrase part pour dire saturé et qu'elle dit suturé, la plaie est à vif. Elle ne l'a jamais été autant. Quand la phrase part pour dire qu'il y a un trop plein, et qu'elle dit à la place qu'il y a une cicatrice, il manque un lien, celui de la chair qui souffre, celui de la chair à vif, la plaie béante, et le sang qui coule. Il saigne le gamin. Sans te le dire, il te dit qu'il saigne.
C'est de la poésie.
Oui, ça saigne sous le signe.
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