Communauté Impossible
Parcours de recherche d'une autre société et de ses expressions en ligne







20/04/2005

Je recherche sur E-mule, je recherche sur Kazaa, je recherche sur bitTorrent. Je tape loge, je tape rhizome, je tape mouvement du nouveau millénaire.

Et tu trouves ?

Non.

Et tu as trouvé ça où, ces noms à coucher à la porte de la première secte venue ?

Chez Gibson.

Bah, bravo. ... tu fais quoi ?

Je recherche sur E-mule, je recherche sur Kazaa, je recherche sur bitTorrent. Je tape richard dorsay, je tape roy michael moore. Je tape Chicago Albuquerque bridge cave Los Alamos LA hermit homeless engineering gravionics. Toujours pour chercher la parole des muets. Toujours pour trouver des expressions des deux autres kidnappés par messieurs Gibson et Sterling.

19/04/2005

Par où ?

Omar

Quoi ?

Tu es loin de chez toi.

Qu'est-ce que tu veux dire par-là ?

Je veux dire par-là c'est loin de chez toi.

?!!!!!!!

16/04/2005

lumière virtuelle & Dorsay : conclusion

Et à propos de Richard Dorsay ou Roy mickael Moore, toujours rien trouvé sur kazaa ou e-mule, ça tenait de l'utopie, pardon du rêve, de penser qu'un des deux aurait pu s'exprimer directement ou... ? Ou je ne sais pas quoi d'ailleurs. Sûrement l'espoir en lisant leur expression personnelle d'apprendre quelque chose qui m'aiderait dans mes recherches. Une sagesse ancienne. Une méthode qu'eux aurait trouver de par leur manière de vivre. Autre chose, quelque chose que je ne connaisse pas. Peine perdue.

Sur le net il y a ceux qui parlent, ceux dont on parle et ceux qu'on utilise comme exemple anonyme et muet. Je crains que ma recherche soit celle de la parole des muets.

15/04/2005

lumière virtuelle : rectificatif

J'ai donné une mauvaise explication de la génèse du pont dans le dernier post.

Je rappelle que le pont est ce qui fait le lien entre Lumière virtuelle (fiction) et Dorsay (fait divers), et que ce lien est fait par Sterling et Gibson.

Voici donc la génèse du pont dans Lumière virtuelle, qui est une prise d'assaut : Les classes moyennes trinquent, irrémadiablement destinés à finir en pauvre. A la suite de mesure anti-SDF (privatisation de l'espace public), le pont apparaît comme une sorte de vieux bateau sur le quai de l'oubli. Il est pris d'assaut. Plus tard la métaphore navale continue : prise en main de son destin sous forme du capitaine de bateau, dernier espoir en forme de radeau de la méduse.

La comparaison de Sterling et Gibson est dès lors problématique. Dorsay n'est pas une communauté d'hommes et de femmes. Dorsay n'est pas un pirate. Il cherche un toit et c'est déjà pas mal. Et grosse différence, ce sont les mesures anti-SDF qui le déloge. Ce n'est pas ce par quoi ils trouvent un refuge où une idée de vivre ensemble. A-t-il seulement retrouvé un toit ? On ne sait pas. On ne veut pas savoir. La seule valeur de Dorsay est d'avoir affaire éternellement à la police qui le déloge, nous disent les médias, instances du contrôle. Aux médias qui vont jusqu'à filmer habitation et ses effets personnels et vendre la mèche. Et quand on tient une caméra vendre une mèche équivaut à l'allumer. Les caméras filment et brûlent la maison (haine de l'autre, exhibition de ses objets) : on ne reviendra pas ici.

Mais ce n'est pas tout ! Gibson et Sterling arrivent pour en rajouter une couche. Sterling dépose un post le 21 décembre sur le blog de Gibson. Ces deux spectateurs satisfaits de trouver là quelque chose comme la validation médiatique de leur prophétie S-F. Comment assurer le service après-vente des fictions, quand ses fictions sont aussi peu en prise avec le réel ? Par des détails : l'analogie du Pont, Dorsay déguisé en cyberpunk qui se branche sur le secteur et surtout le fait divers enfin déshumanisé, enfin transformé en image, en pur signe inoffensif. Haine de l'autre, exhibition séparée de sa défaite.

11/04/2005

lumière virtuelle : rectificatif

Bon je continue de lire "Lumière virtuelle" de William Gibson publié en poche S-F pour comprendre ce lien étrange sur le blog de William Gibson envoyé par son collègue Bruce Sterling. Lien étrange, parce que sans commentaire. Entre Gibson et Sterling c'est une affaire entendue. Qu'est-ce qui est entendu entre eux qui n'a pas besoin d'être entendu ailleurs ? Je pose la question.

Extrait page 91 : On apprend que le pont était jadis réservé à la circulation automobile et que présentement il est habité. C'est donc ça le RAPPORT : le pont est habité. Je vous renvoie au texte pour une descritpion complète du pont : mais bon ça m'a l'air vachement bien. Aujourd'hui on dirait que c'est la POPULATION qui investit les LIEUX.

Extrait page 94 : Où on raconte la génèse de l'occupation du pont. Un type pêche une bicyclette couverte de coquillage et improvise un restaurant !!! Le parallèle me laisse sans voix : faire un parallèle entre un type délogé du pont à l'intérieur duquel il vit (fait divers) et l'histoire du pont de William Gibson où une société moderne et démocratique meurt et trouve refuge (fiction).

Coup de peau ! vraiment ! que le type n'est pas habité en-dessous du pont. Quel Bol ! On ne peut que encourager les Sans Domicile Fixe à vivre dans la structure des ponts et à s'y faire déloger : cela augmentera le capital littéraire de William Gibson, véritable huissier des SDF, unique et authentique huissier de ceux qui n'ont même pas de maison.

ET PENDANT CE TEMPS TOUJOURS PAS DE NOUVELLES DE DORSAY

10/04/2005

lumière virtuelle : page 65

Bon j'ai trouvé et j'ai lu "Lumière virtuelle" de William Gibson publié en poche S-F pour comprendre ce lien étrange sur le blog de William Gibson envoyé par son collègue Bruce Sterling. Lien étrange, parce que n'appellant pas de commentaire. C'est une affaire entendue. Mais entendue entre eux. Lien étrange, parce qu'un fait divers devient comme un hommage à ce bouquin. Lien déguelasse ? Le fait divers en question est l'histoire d'un homme délogé de chez lui : la structure du pont.

Page 65 :

"Où habitez-vous ?"

"Au pont."

"Vraiment c'est si... mystérieux. J'aimerais y aller, parfois, mais il n'y a pas de visites accompagnés, et on dit que c'est... dangereux."

Vraiment oui, le suspense est total. C'est simple, j'ai presque envie de sauter des pages. Qui vit sur ce pont ? Une dangereuse subversion, ou quoi ? La contestation ELLE-MÊME ? ou le négatif en PERSONNE ? Bigre. Je crois que je vais devoir allumer ma lampe-torche si je veux voir quelque chose dans tant d'obscurité.

04/04/2005

les mailles du réseau : premières impressions

J'ai lu Les Mailles du Réseau parce que quand Hakim Bey, dans la TAZ, tente de faire le lien entre des pratiques politiques historiques passées et le présent ou notre proche avenir, il fait référence au roman de Bruce Sterling (et il le fait dès le troisième paragraphe.)

Pourquoi hakim bey fait-il ce lien ? Il a besoin d'un éclairage moderne qui valide la permanence d'une forme de pouvoir spécial à travers les âges. Les Utopies Pirates sont des îles à partir desquels la piraterie pratiquaient son prélèvement de biens sur les autoroutes du commerce maritime.

Quelles pourraient être les formes actuelles ou prochaines de ces utopies pirates ? Ces enclaves libres ? Ces zones autonomes, même temporaires ? Je croyais trouver dans le roman de Sterling quelque chose comme un combat entre plusieurs forces antagonistes, plusieurs ensembles (pays, multinationales, groupes politiques, activistes..) soit pour le contrôle d'un nouveau territoire ou la liberté de s'y exprimer d'y circuler : le réseau. J'attendais presque une fiction théorique, c'est-à-dire, quand la fiction et la théorie sont liés et que leur lien est clair comme de l'eau de roche.

Quelque chose comme La Ferme des animaux d'Orwell ?

Voilà !

Et alors ?

Que dalle ! Je suis écoeuré ! Il ne me reste plus qu'à lire Lumière virtuelle. Pourquoi l'histoire de Dorsay est une réminiscence de cette fiction d'anticipation ? Pourquoi un fait divers vient valider la fiction de William Gibson jusque dans son quotidien le plus contrôlé c'est-à-dire sur son blog ?