En me renseignant sur le found footage, je tombe sur ce texte de Olivier Blondeau, co-auteur de "Libres enfants du Savoir numérique". Extrait de "Become the media !". Intéressant.
L’exemple le plus évident de ces formes de réagencement d’énonciation, annonciatrices d’une nouvelle politique de la subjectivité et d’un renversement du régime de vérité médiatique, s’illustre dans le recours, quasi systématique dans ces vidéos militantes, au found-footage. Le found-footage est un procédé de langage utilisé depuis longtemps dans le cinéma d’avant-garde : Fernand Léger en avait déjà fait une esquisse de théorisation en 1924 dans ses notes préparatoires pour le Ballet mécanique de 1924.
Ce procédé consiste à sortir des images ou des séquences, à les autonomiser, pour les extraire de leur contexte d’énonciation initial à travers une intervention sur le montage ou sur l’image elle-même. Plusieurs techniques différentes sont mobilisées dans le found-footage :
Celle de l’anamnèse qui consiste à rassembler des images d’une même nature de façon à leur faire signifier, non pas autre chose que ce qu’elles disent, mais exactement ce qu’elles montrent et que l’on ne veut pas voir,
Celle du détournement qui laisse le film d’origine intact et se sert des dialogues pour lui conférer un sens qu’il n’a pas,
Celle de la variation et de l’épuisement qui consiste à se concentrer sur un seul objet filmique en se consacrant à le faire varier, voire à en épuiser les potentialités par l’introduction de paramètres plastiques, qu’ils soient visuels ou sonores.
La rencontre entre Internet et le found footage du cinéma expérimental n’est ni le fruit du hasard (c'est moi qui souligne) ni celui d’une intentionnalité esthétisante. On peut même affirmer, qu’à travers la métaphore du « copier/coller », Internet est en lui-même un ensemble de ressources hypermédia, c’est-à-dire liées entre elles et qui procède déjà par agrégation et réagencement.
C'est bien la confirmation qu'il y a, à partir d'Indus, quelque chose à chercher et à trouver.