Communauté Impossible
Parcours de recherche d'une autre société et de ses expressions en ligne







Il était une fois... (2)

Prenons l'affaire comme une enquête policière. Décrivons un scénario. Je pense que c'est un outil utile pour comparer nos visions et "concrétiser" tous les éléments épars que nous avons rassemblé jusqu'à présent.

Il était une fois un groupe d'internautes de la première heure (mais ce n'est sûrement pas ce qui les rassemble). Un groupe d'internautes non pas des premières minutes, mais de la première heure, celle qui précède la deuxième, puis la troisième, quand sonne l'heure de la massification prochaine du réseau, de sa densification marchande et de son usage consumériste que nous connaissons. Qu'il soit gratuit ou payant, c'est la même affaire, c'est un usage consumériste qu'il s'agit de régler. Les pirates sont des commerçants. Le groupe ne se sent pas vraiment concerné. L'utopie du libre, ils en comprennent vraiment le discours et la théorie, surtout pour avoir pratiqué. Plus exactement, les discours de types qui veulent la liberté pour tout le monde et qui savent comment y parvenir, ils n'ont pas besoin de l'entendre. Ils ont juste besoin de s'organiser, ou plutôt de continuer à s'organiser. Ce sont des désenchantés de l'utopie du Libre et de la Toile. Ils vont trouver ailleurs la liberté à propos de laquelle on discourt sur la Toile. Ils regardent à côté d'eux, des fois qu'un morceau de réel ne soit pas loin. Il suffit de regarder à côté. La Toile n'est pas un lieu de vie et d'existence. C'est un moyen de communication. C'était juste ça. Un média. Ouf.

Quand on regarde à côté de soi des fois que le réel y soit, ils arrivent qu'on s'intéresse à son habitat. L'habitat, voilà un endroit où notre désir pourrait s'exercer en liberté. Fort des théories du Libre sur les interstices de la Toile, ils explorent les interstices urbains. Franges, ports, routes, no man's land. Difficile de trouver un nom pour ces lieux sans usages. Et les forêts, les montagnes. Interstices profonds à l'échelle le la rurbanisation croissante. Après c'est une question d'organisation et de croissance. De mise en lien d'internautes ou de marginaux (vela). Puis de procédure de développement (albaraccin) et de protection des siens (Indus).

Voilà. Ceci n'explique pas tout. Ceci ne ressemble pas à une enquête policière. Ce sont des hypothèses guidées par la vraisemblance.

Il était une fois...

Prenons l'affaire comme une enquête policière. Décrivons un scénario. Je pense que c'est un outil utile pour comparer nos visions et "concrétiser" tous les éléments épars que nous avons rassemblé jusqu'à présent.

Il était une fois un groupe d'étudiants américains en architecture qui avait décidé de faire une thèse sur les théories d'Hakim Bey. En effectuant des recherches, il se sont aperçu que d'autres étudiants en architecture, dans d'autres pays, s'intéressaient également à ce sujet. Parmi eux, un esprit fort, doué pour la mise en scène, ou tout simplement pour présenté un projet de façon original, décida de les contacter et de leur proposer une "association". Cette association pris comme support une dénomination par constellation, chaque groupe local choisissant un nom en fonction d'une règle commune. Le but de l'association était de mettre en valeur les expérimentations que chaque groupe avait pu rencontrer lors de ses recherches concernant l'une des théories phares d'Hakim Bey, les TAZ, et par extension les habitats temporaires de toute sorte.

Mais, influencés par les théories de Bey, par exemple l'idée de Terrorisme poétique, les constellations ne se sont pas contentés de répertorier ses expériences dont ils étaient les témoins ou les révélateurs. Ils ont décidé de les mettre en valeur de façon à faire ressortir leur caractère poétique, utopique, et à propager leur théorie par différents moyens propre au Terrorisme poétique.

Dans cette perspective, le groupe d'Indus a répertorié le cas d'un homme, Dorsay, ayant habité sous un pont. Au lieu de se contenter de transmettre aux autres le reportage télévisé tel quel, ils se sont amusés à mettre en scène cette information comme si Dorsay faisait partie des constellations, et l'ont laissé en libre téléchargement en P2P. Bien sûr, pour les autres membres des constellations, cette mise en scène était "innocente", elle faisait simplement "comme si" cette association était à teneur terroriste, hautement illégale et dangereuse, alors qu'en réalité leur seul terrorisme est... poétique. Elle permettait aussi de montrer aux autres constellations l'imagination et l'implication développée par la constellation d'Indus dans toute cette "création".

De la même manière, une constellation installée en France s'est dit qu'il serait intéressant de propager quelques travaux des constellations en faisant circuler des DVDs sur lesquels se trouvent un lot de fichiers liés aux différentes activités des constellations. Pour propager ces DVDs, le principe du terrorisme poétique est d'oublier volontairement les objets que l'on veut faire partager dans des lieux de passage, n'importe quel lieu public.

FLOP

Peu de succès pour ma proposition. Je poste l'original de Maxime. Demain, c'est mon tour.

Proposition

Dans le commentaire du 16 mars, Maxime David propose un scénario qui narre la naissance des Constellations/du moins ces documents épars que je me suis permis de nommer ainsi par commodité. Il suit et approfondit l'hypothèse déjà esquissée par lui d'étudiants en architecture intéressés par les thèses d'Hakim Bey (voir le lien aux Editions de l'Eclat, les textes d'Hakim Bey étant libre de droit.) Pour vérifier cette hypothèse il devrait être possible d'effectuer des recherches sur nos moteurs de recherche préférés. Le second point qui caractérise cette intervention est d'expliquer la mise en valeur des constellations. C'est la question de la mise en scène particulière d'Indus qui revient ici sur le tapis. C'est un bon exercice. Maxime me demande de le pratiquer à mon tour. J'invite aussi tout le monde à le faire.

Vidéo Albarracin

La vidéo d'Albarracin est la seule vidéo des captures-écran dont il est possible de trouver une référence sur la Toile. On en trouve une sous le nom de Maquis en la Sierra de Albarracin sur un site espagnol dédié à la mémoire de la résistance anti-franquiste. Maquis fait ici référence à la notion de territoire de résistance plutôt qu'à la végétation.

La vidéo montre deux hommes qui marchent dans les lieux d'un ancien village qui servait de camps de base aux résistants espagnols. Ils vont ainsi dans un dédale de pierres et de rochers ronds, inspectent les échappatoires, les lieux de vie commune. C'est une visite du site ni plus ni moins. Aucun commentaire nous est proposé.

Cette vidéo se place dans la lignée de vela_cont plutôt que indus_chicago_bridge, au sens où elle propose l'exploration matérielle d'un lieu où habiter. Les plans sont assez longs, voire longués. Cependant sa facture est encore très différente. Les images sont complètement anodines. On sent que ce'st le commentaire oral qui donne sa signification aux images. Le fait de la retrouver sur ce site espagnol est d'abord surprenant, surtout qu'elle s'y trouve parfaitement à sa place. C'est donc sa présence dans le DVD qui devient pour le coup surprenante. Il est donc possible qu'elle ne soit pas produite par les Constellations (les marcheurs ne sont pas mosaïqués, par exemple.)

Formulons maintenant une problématique-tique : Les Constellations sont-elles intéressés d'un point de vue politique par les lieux chargés de la mémoire républicaine espagnol et par extension par les lieux historiques de la contestation ? Ou d'un point de vue pragmatique par les lieux d'habitations des différentes résistances au cours de l'histoire récente, lieux d'habitations qui leur seraient possible d'investir de manière plus efficace de part leur situation géographique ? A moins que la politique et l'histoire se tiennent la main, rejetant éternellement les ennemis ou les bannis d'une société dans des lieux sinon récurrents, du moins similaires.

De retour

Quand je suis revenu ce week-end j'étais d'abord content de voir ma boite aux lettres pleines de commentaires. Allait-on me proposer d'autres pistes ? M'encourager ? M'apporter des éclaircissements, des indices, des faits nouveaux ? Car c'est aussi l'un des buts de ce blog, d'ouvrir la recherche et de confronter ce point de vue. Et puis je les ai lu avec la furieuse impression que tout ça me concernait pas. Bien sûr il y a des affirmations qui tombent sous le sens. L'identité est douteuse sur le net. Mes progrès sont lents en informatique. La psyché peut se troubler plus vite qu'un ciel de bord de mer. Très bien. Mais le silence de Rouxel. Son blog-photo a l'air au point mort. Le nombre de sites qui périclitent est tellement importants. Et personne pour l'interroger et prendre le relais.

Sauf Maxime qui l'a fait en son temps. J'en profite pour te remercier d'avoir répondu pendant mes deux semaines d'absence. Cependant il me faut revenir sur un point particulier. Je ne crois pas que Indus soit un délire, une bonne blague entre membres d'une constellation. Richard Dorsay s'est fait prendre et il fut expulsé de chez lui en décembre 2004. Le reportage de CBS est corroboré par d'autres sources qu'il est facile de se procurer. La réalité existe. C'est un principe.

Voilà. Je n'ai pas grand chose d'autres à rajouter. Je ne me sens pas très loquace. Qu'est-ce qui a motivé Vlardniky en ce froid début de mois de mars ? peut-être nous le dira-t-il plus tard. je crois que la Toile est le lieu du doute par excellence. Le lieu de la rumeur et des fausses valeurs. J'ai déjà eu mon lot de railleries. Je crains que ça ne soit pas fini. Je serai heureux d'argumenter si le coeur vous en dit, mais si c'est pour me dire que je devrais pas faire ce que je fais, ce n'est pas le peine. Par exemple ce qu'il me manque aujourd'hui, ce sont des nouveaux moyens de recherche et de nouvelles analyses des traces collectées.