Communauté Impossible
Parcours de recherche d'une autre société et de ses expressions en ligne







15/09/04

GOOGLE

Pour apprendre ce que n'est effectivement pas une société secrète, il suffit de faire une recherche sur Google. Voici ce que j'ai trouvé :

Bureau de documentation sur les sectes et les religions Ecrits hérétiques et un site commercial Les Skulls qui est un film, qui est un DVD, qui a pignon sur rue mais ce n'est pas ta rue Essais occultes ou savants sur l'occultisme Défilent les noms de Templiers Rose-Croix Bildenberg Reviennent les noms de Cambions franc-maçonnerie (un ami me signale que la franc-maçonnerie ce n'est pas pareil, ça vise le changement du monde rien de moins ) Bohemian Club L'Illuminati Order le gouvernement mondial carrément et la Société Sande qui est une réunion de jeunes filles en milieu urbain. Mais aussi : disparition déplorable des rites d'initiation et les 14 nouveaux amis que Bush président en exercice des USA se fait en dernière année à Yale et l'intitulé de l'article 300 du code pénal de la république populaire de Chine. Mais encore : Des théologiens tentent de répondre à la question de savoir si l'Opus Dei est un chemin de sainteté ou une société secrète pas catholique. Un film s'appelle Poltergeist. Un film s'appelle Les Skulls au prix de 9.95 euros.

On découvre tout ce que n'est pas une société secrète. Une société secrète ne répète pas le genre de vie que l'on mène à l'extérieur de cette société. LE SECRET D'UNE SOCIETE AUTRE EST CE QUI LA PROTEGE DE LA SOCIETE DANS LAQUELLE ELLE SE DEVELOPPE ET QU'ELLE VEUT ABATTRE.

11/09/04

LE SECRET DES SECRETS

Une société secrète est effectivement secrète si elle agit au grand jour. Si tel n'est pas le cas, cette société n'en est pas une. C'est quelque chose comme une famille glauque, une secte carabinée, une entreprise collective de mise à mort aussi sec. Si par contre elle agit au grand jour, son secret épaissit son mystère. Plus elle agit au grand jour, plus grand est son secret ; et plus grand est son secret, plus grand est son désir de vivre ensemble.

Son secret est alors indestructible. Il est sous ton nez, tu le cherches partout, tu ne le trouves pas. Et quand tu ne le trouves jamais, c'est du tout bon. Seulement tu ne sais pas que tu l'as trouvé. Le secret que tu trouves sans jamais le pouvoir le trouver est le secret des secrets.

09/09/04

(IL N') Y A PAS DE SECRET

Ma recherche pour les sociétés secrètes est sans secret. Elle est la recherche d'une autre société, d'un endroit où vivre et mourir. Cette quête se terminera en temps et en heure. En aucun cas elle se terminera avant terme. Elle prend aujourd'hui la forme de ce blog, l'occasion fait le larron. Elle ne s'arrêtera pas de ne pas s'arrêter, quitte à prendre une autre forme. Je dirai ce que je trouve en chemin. Dis-moi, lecteur, qu'en dis-tu ?

02/09/2004

EN ATTENDANT LE SECRET

La croyance en l'existence d'une autre société qui se dérobe à notre regard est la manifestation du désir de cette autre société. La forme de cette croyance est la forme que prend ton désir quand tu fermes les yeux. C'est aussi la forme que prennent tes paroles et tes gestes quand tes yeux sont ouverts. L'expression de ce désir est la recherche de cette société. Mais l'expression de ce désir est aussi la construction de ce désir.

21/08/04

DE L'IMPORTANCE DU SIGNE ANODIN

Ainsi lors de vacances en Bourgogne (mon père suivait une cure thermale à saint-Honoré-les-Bains, il souffrait des allergies du printemps, et il fallait que cela cesse), j'ai tenu à faire partie d'une société secrète. Nous étions trois qui est le nombre minimun. Je ne me souviens plus aujourd'hui des prénoms de mes camarades.

Nous séjournions dans un camping. Dans le camping, il y avait un bosquet. Dans le bosquet, nous prêtâmes serment. Je ne me souviens pas du serment. Les secrets sont bien gardés. C'est le principe d'une société secrète. Avoir tous le même intérêt à rester bouche cousue. Si un membre a plus ou moins l'envie de divulguer le secret c'est que son appartenance à la société ne le satisfait pas. Bref, je ne souviens pas du serment. Mais il y avait un bosquet, et dans ce bosquet un lieu où nous nous retrouvions, où nous allions quand nous ne faisions rien. Nous avions repéré, mes camarades et moi, que nos cous d'enfants étaient ceints du même type de collier qui faisait fureur au début des années 80. (Ne prenez pas ça pour un renseignement sur mon âge.) Il est possible que quelques autres connaissances du camping possèdassent le même genre de collier. Je crois que c'est Yannick Noah, le joueur de tennis, qui contribua pour une grande partie à lancer ces colliers ; soit qu'ils furent fabriqués en Afrique, soit qu'ils parvinssent infailliblement à évoquer le continent noir. Ce collier se composait de minuscules tronçons cylindriques en une matière que je n'identifie pas. La suite de ces cylindres formait soit un algorythme, soit une symétrie ; le plus souvent les deux. A cette époque on en trouvait partout : sur les marchés, dans les boutiques de souvenir, dans les mains du premier vendeur ambulant venu. Ils étaient apparus sur le marché aussi vite qu'ils ont disparu par la suite. J'en ai conçu de l'amertume. Le marché prenait mes propres goûts à la légère. Il ne s'agit pas d'avoir des égards.

Mais enfin j'avais appartenu à une société ; et le symbole même de cette dernière avait disparu le lendemain ou presque. Certes, il eût été possible de continuer en gardant ce symbole, loin des critères expéditifs et cavaliers du marché. Mais ce collier serait devenu trop particulier, trop visible et serait vite devenu un signe distinctif comme un autre. Ils nous aurait désigné comme bande. Aux yeux du monde, nous étions fait comme des rats. Je vois ça de là.

Ce que je voyais surtout, c'était l'extrême avantage de se choisir un signe d'appartenance anodin.

13/08/04

LES SOCIETES SECRETES SONT AVANT TOUT SECRETES

Elles possèdent deux secrets qui sont pour elles comme des bijoux de famille : Le secret de leur réunion. Et le secret qui les dissimulent. Ce sociétés peuvent avoir d'autres secrets, mais ceux-ci ne sont que la conséquence des deux premiers. Elles prennent alors des allures mystérieuses, s'entourent d'ombres, de lumières tamisées, de cérémonials, de rituels pompeux, de faux-semblants, mais ce n'est qu'une organisation particulière, ou le simple travail du maître de cérémonie ou celui de l'éclairagiste. Il y aussi d'autres relations au sein de ce groupe qui prennent comme un air de conspiration. Mais ce sont des relations qu'une société non-secrète comme la notre qualifie de relations humaines. Je note tout de suite que par relations humaines nous n'entendons pas ce que le monde de l'Entreprise et de l'Administration entend : il ne s'agit pas d'exploitation de l'homme par l'homme. NON, LES SEULES RELATIONS HUMAINES SONT DES RELATIONS HUMAINES COMPLETES.

11/08/04

IL EST URGENT D'ATTENDRE

Mon intérêt pour les sociétés secrètes ne s'est jamais démenti. Il a commencé doucement, paresseusement, et il continue ainsi aujourd'hui ; c'est-à-dire sans l'air d'y toucher, avec une belle constance qui ne cesse pas de stagner et de s'ennuyer. On admettra qu'il est d'aucune utilité de nourrir des inclinaisons excessives pour des sujets sans intérêt. Ils ne méritent pas notre passion (ils ne la connaissent pas). Ils ne suscitent pas notre enthousiasme (alors que la moindre nouveauté nous emporte). A quoi bon s'acharner. Justement. Aucun acharnement. Faire les choses par habitude reste le moyen le plus sûr pour arriver à ses fins. Surtout quand cet intérêt est pressant. L'urgence est alors d'attendre, de remettre à plus tard afin de prendre du retard. Plus tu prends du retard, plus tu avances.